FRANCAIS

EPREUVE DE FRANCAIS

Texte : Une vie de laboureur

Peu à peu la nature changea de couleur, du vert foncé elle passa au grisâtre. Les nuages s’accrochaient, restant longtemps à la même place. Les nuits devenaient longues pour les paysans. Des nuées d’oiseaux émigrèrent vers le levant. En attendant la récolte, on s’adonnait aux jeux favoris tandis que les commerçants renouvelaient leurs tissus, en variaient les teintes, entassaient les pacotilles propres à aiguiser la convoitise.
La vie de cultivateur n’est pas de tout repos : semer, sarcler, lutter, puis attendre la récolte. Mais lorsqu’il a la joie de voir son travail achevé, son champ mûrir sous ses yeux, sa semence se dresser devant lui, caressée par le vent ou couchée sous la rosée, au moment où la nuit restitue les formes à la réalité, où l’on voit au loin vers le rouge saignant de l’horizon s’élever une chaleur bleuâtre et que les oiseaux incisent l’air de leurs ailes, on oublie alors sa fatigue : on regrette de n’avoir pas donné davantage de sa force, et l’orgueil et la joie vous pénètrent le cœur. Oui la vie, cette vie de laboureur, est une belle vie.
- « O mon pays, mon beau peuple ! », chantait Oumar en foulant le sol.
Il se promenait seul à travers champs, rêvant qui sait à quoi ? Il s’arrêtait devant une plante d’arachide pour en redresser les feuilles, libérait une mouche prise par une araignée, évitait de piétiner un scarabée, plus loin il séparait deux tiges de mil, étayait une hampe de maïs trop lourde. Seul devant son peuple qu’il voyait en imagination, aidé par le silence et la solitude, l’émotion le prenait, il parlait et il entendait la voix de son peuple qui lui répondait ;
Il avait fait construire un immense grenier, perché sur des pilotis à cause de l’humidité. Avec un matériel très simple, il avait élargi le ruisseau : les fayats, grandes pirogues pouvant contenir dix à douze personnes, s’amarraient côte à côte. Les lierres sauvages serpentaient en couvrant la palmeraie. Les larges feuilles des nénuphars cachaient la surface dormante de l’eau.
La récolte était imminente. Faye reprit ses visites au marché pour suivre les cours. Il avait alloué à Fayène un sac de riz chaque mois.

Ô Pays, mon beau peuple,
Sembène Ousmane

Questions

I – Maniement et connaissance de la langue.



A – Grammaire :
1- « En attendant la récolte, on s’adonnait aux jeux favoris. »
a) Remplacez le groupe souligné par une subordonnée.
b) Précisez sa fonction.

2- « Les nuits devenaient longues. »
Mettez l’adjectif à deux degrés de signification différents. Précisez – les.

3- Donnez la nature et la fonction de :
Réalité, en, arachide, que.

4- « Les nuits devenaient longues. »
Mettez le verbe de cette phrase au :
- Plus-que-parfait de l’indicatif
- Conditionnel présent.

B – Vocabulaire.
1- Expliquez les mots ou expressions suivants :
La convoitise – imminente.

2- Donnez deux mots de la même famille que :
« mûrir » - « nuit ».

3- Trouvez un antonyme de :
le levant, chaleur, orgueil.

4- Trouvez un paronyme de :
« mouche ».


II - Compréhension – Expression

A / Compréhension :
1- A quels moments fait-on allusion lorsque l’auteur parle d’une nature vert foncé ou d’une nature grisâtre ?

2- Quelles qualités physiques ou morales nécessite la vie de laboureur ? Citez-en trois.


B / Expression :


Quelle importance accordez-vous au travail de la terre ? (20 lignes maximum).

 

 

                                                         petit peiguin    SANS CORRECTION

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